Archive

Archive de la Catégorie ‘Management et stratégie’

Intel condamné par Bruxelles. Quelles leçons?


La semaine dernière, la Commission Européenne condamnait Intel le fabriquant américain de microprocesseurs à une amende record de 1.06 milliards d’euros pour pratiques anti-concurrentielles.
Loin d’être l’expression d’un anti-américanisme primaire, la lourde amende imposée par Bruxelles serait justifiée par des abus caractérisés de position dominante. Pour maintenir sa rente de situation et étouffer son principal concurrent, le roi de la « puce » a usé de tous les moyens. Des moyens jugés parfois illégaux.

Même s’ils se lamentent, Intel aujourd’hui comme Microsoft hier ne peuvent cependant crier qu’on les assassine. Certes record, ces amendes représentent moins d’un trimestre de bénéfices et les procès auront mis des années à aboutir. Des années pendant lesquelles même si leurs prix ont reculé, ces entreprises ont continué d’engranger des profits colossaux et de garder leurs concurrents à distance en profitant du fait que la Commission ne peut prendre de mesures conservatoires.

Car dans l’univers technologique, le pouvoir des autorités de concurrence est limité. Certes, amendes ou contraintes imposées peuvent ralentir un groupe, mais elles ne permettent pas de faire émerger de réels concurrents. On peut placer des boulets aux pieds d’Intel, mais pour que ce champion soit doublé encore faut-il que ses rivaux parviennent à courir et à prendre un peu de vitesse. Et plus que des gendarmes contribuant à punir les excès, c’est des cerveaux des chercheurs capables d’innover que sont nées les idées qui ont commencé à fragiliser la position d’Intel ou de Microsoft.

L’Europe, qui voulait soutenir Netscape contre Microsoft, n’aura pas atteint son but. Si la firme de Bill Gates tremble aujourd’hui, c’est plus à cause de Google qui a su déplacer la concurrence sur un nouveau terrain, celui de l’Internet. Et l’histoire pourrait bien se répéter dans le monde des microprocesseurs. Intel a gagné la guerre du PC. Il ne gagnera peut-être pas celle des nouvelles générations de terminaux mobiles comme l’iPhone. Là, ses concurrents s’appellent Qualcomm ou ARM et ce seront peut-être eux qui un jour abuseront de leur monopole.

Pourquoi Microsoft s’intéresse à Yahoo?

Contexte de l’opération

Cela fait des années qu’on en parlait dans le secteur du web et, soudainement, c’est devenu une possibilité très réelle. Vendredi 1er février, Microsoft, la plus grosse entreprise de logiciels au monde, a fait une offre de 44,6 Mds USD pour racheter Yahoo!, le géant internet aux pieds d’argile. Cette offre mets un prix de 31 USD sur le titre Yahoo!, soit une prime de 62% sur le cours de clôture du jeudi.

Yahoo! a longtemps espéré que sa plateforme Panama, un système permettant de placer des publicités à côté des résultats de son moteur de recherche, l’aiderait à refaire son retard sur Google , son grand concurrent et leader du secteur. Mais Panama n’a pas sauvé Yahoo!, conduisant le CEO d’antan Terry Semel à démissionner en juin 2007.

Il laissa la place à Jerry Yang, co-fondateur de Yahoo!, qui promit de remettre de l’ordre dans la maison. Mais les derniers résultats de Yahoo!, publiés le 30 janvier, ont déçu, et le cours de son action est tombé à son plus bas en quatre ans.

Autant un partenariat était-il encore plausible l’année dernière, mais vu l‘état actuel de Yahoo!, c’est bel et bien un rachat qui paraissait le plus adapté à Steve Ballmer. Google n’est jamais nommément mentionné dans la communication de Microsoft, mais on se doute bien que l’ombre de Google plane au-dessus de cette offre. L’espoir de Steve Ballmer est de combiner les forces de Microsoft, numéro 3 de la publicité sur internet, avec le numéro 2 Yahoo! pour contrer Google.

Aux Etats-Unis, Google représente 66% de toutes les recherches sur internet, contre 21% pour Yahoo! et seulement 7% pour Microsoft. Ces dernières années, les parts de marché de Microsoft et Yahoo! ont décliné, au profit de Google.

La mécanique est simple: plus grand est le nombre de gens qui cherchent sur votre moteur de recherche, le plus d’annonceurs vous pouvez attirer. Et le plus d’annonceurs vous avez, le plus de publicités ciblées vous pourrez servir aux internautes. Et plus la publicité est ciblée, plus vous attirez de clics.

Microsoft admet sa défaite

Google est numéro un de la publicité sur internet. Grà¢ce a AdWords, il a amassé un trésor de guerre considérable. Et qu’a fait Google de son trésor ? Il l’a réinvesti dans le développement de logiciels. Mais c’est que Google ne vend pas ses logiciels; il les offre gratuitement.

Et ainsi, petit à petit, Google scie la branche sur laquelle Microsoft est assis. Microsoft se trouve donc obligé d’aller concurrencer Google sur son terrain. Pour cela, il doit consolider ses positions dans le secteur de la publicité sur internet. Et c’est bien là que l’OPA(Offre publique d’achat) inamicale sur Yahoo! prend tout son sens.

En faisant cette offre, Microsoft admet qu’il n’est pas parvenu à bàtir une position solide sur le marché de la publicité sur internet en général, et sur les moteurs de recherche en particulier. Microsoft vient d’admettre qu’il a besoin de Yahoo!.

Les avantages du deal

Selon les dirigeants de Microsoft, l’acquisition apporterait de nombreux bénéfices et générer au moins 1 milliard de USD par an d‘économies.

Economies d‘échelle en consolidant leurs immobilisations (serveurs), et consolidation de leurs plateformes de publicité en ligne, notamment sur AdCenter et Panama pour le paid search.

Recherche et développement (R&D). Combinaison des efforts de R&D, en privilégiant le développement d’un index unique pour les deux moteurs de recherche (Live Search et Yahoo! Search).

Déduplication des opérations, en éliminant les infrastructures redondantes et les coà»ts d’opérations en double, pour améliorer les performances financières de la nouvelle entité.

Scenarii pour la suite

A l’heure qu’il est, il n’est pas sûr que Yahoo! acceptera l’offre. Et d’autres prétendants pourraient faire une contre-proposition. Vu sa position dominante sur le marché, il paraît assez improbable que Google fasse une offre. Avec 75% du marché de la publicité sur les moteurs de recherche aux Etats-Unis, Google tomberait sous le coup de lois antitrusts et n’a d’autre choix que de rester spectateur. Microsoft, avec sa part de marché inférieure à 9%, n’aurait pas ce genre de problème.

Des rumeurs commencent à poindre que News Corp. serait intéressé. On pourrait également voir Comcast ou AT&T entrer dans la danse. Vu le contexte actuel des conditions de crédit, il est peu probable de voir un groupe de private equity faire une offre.

D’autres scenarii, en dehors de celui du rachat ?

Bien que ca paraisse improbable dans le contexte actuel, on peut imaginer que Yahoo! décide de refuser l’offre de Microsoft. Que peut faire Yahoo! dans ce cas ? Fred Wilson, investisseur de capital-risque de la Silicon Valley, a écrit sur son blog un article édifiant (How Yahoo! Can Get Out Of The Microsoft Bear Hug) dans lequel il étudie les alternatives de Yahoo! pour se sortir de cette “étreinte de l’ours”.

J’en retiendrai deux:

  • Nouer un partenariat avec Google, qui se chargerait de l’activite publicité sur les moteurs de recherche de Yahoo!. Les investisseurs de Yahoo! réclame cela depuis environ un an, et il se murmure qye Yahoo! et Google serait déja en negotiation depuis quelques semaines. L’analyste de Citigroup Global Markets Mark Mahaney estime que ça peut accroître de 25% le cash flow de l’entreprise.
  • Démanteler Yahoo! en plus petites entités plus concentrées autour de leur coeur de métier. Par exemple, Flickr pour le partage de photos en ligne et Del.icio.us pour le partage de favoris. Avec plus d’autonomie et de liberté, cela pourrait faire renaître une innovation qui a disparu avec leur rachat par l’ogre Yahoo!.

Une autre possibilité est que Google joue le rôle de support de quiconque souhaiterait acquérir Yahoo! à la place de Microsoft, possiblement en offrant des financements ou des revenus garantis dans le cadre d’accords dans le domaine de la publicité en ligne. Une sorte de stratégie à la “les ennemis de mon ennemi sont mes amis”.

Conclusion

Cette offre est magnifiquement offensive, mais en dehors des Etats-Unis et du Japon, la position de Yahoo! est assez faible face à Google. La nouvelle entité n’aura pas donc un impact aussi large qu’il serait nécessaire pour véritablement inquiéter Google hors des USA.

Aussi, Microsoft risque de payer cher son acquisition, au moment o๠tout le monde craint un ralentissement des dépenses publicitaires sur internet sur fond de crise économique. C’est d’ailleurs exactement ce qui a fait perdre 28% au titre Google depuis le début de l’année. Yahoo! est une entreprise en difficulté, pas un étalon. Et même si l’acquisition se fait, la nouvelle entité sera encore qu’un numéro deux. Et pour refaire son retard, la nouvelle entité devrait vraiment faire des innovations capables de convaincre les utilisateurs d’abandonner Google.

(c) cafedelabourse.com

Microsoft vs Yahoo ; episode 3

Yahoo n’aura mis que deux jours à répondre à l’ultimatum lancé par Microsoft le 5 avril dernier. Dans une lettre ouverte, signée de son PDG Jerry Yang et de Roy Bostock, président du conseil d’administration, le portail américain tient une nouvelle fois la dragée haute au numéro un mondial des éditeurs. Yahoo maintient que la proposition formulée le 31 janvier n’est pas à la hauteur de la valeur de ses actifs, et invite Microsoft à augmenter son offre.

Fixée à 31 dollars par action, celle-ci valorisait le portail américain à hauteur de 44,6 milliards de dollars, soit une prime de 62% par action, lorsqu’elle a été formulée. A la clôture des marchés vendredi dernier, elle représentait encore une transaction de plus de 41 milliards de dollars.

« Nous avons maintenu que nous n’étions pas opposés à l’idée d’une transaction avec Microsoft si celle-ci était dans le meilleur intérêt de nos actionnaires », déclarent les deux dirigeants de Yahoo. « Nous pensons simplement qu’une éventuelle transaction se doit de correspondre à la juste valeur de Yahoo, en tenant compte des bénéfices stratégiques qu’en tirerait Microsoft ».

Le point d’achoppement tient donc à la supposée valeur de Yahoo. Alors que dans sa lettre du 5 avril, Steve Ballmer avançait l’hypothèse de parts de marché en baisse sur la recherche en ligne et d’une érosion du trafic sur les sites du groupe, Yahoo répond en annonçant AMP, une nouvelle plateforme publicitaire qui devrait voir le jour avant l’été.

« Nous avons récemment confirmé nos objectifs de résultats pour le premier trimestre et pour l’année complète, ce qui témoigne de notre capacité à enregistrer des performances conformes à nos attentes, en dépit du contexte économique actuel », ajoutent Yang et Bostock.

« Nous sommes au regret d’affirmer que votre lettre caractérisent mal la nature des discussions conduites ensemble. Nous avons tenu des conversations constructives, sur des sujets variés allant de l’intégration aux problèmes de régulation. Votre commentaire selon lequel nous avons refusé d’engager des négociations sont particulièrement étranges compte tenu du fait que nous avions déjà refusé votre offre initiale… », fustigent les deux responsables, « de plus, Steve, vous avez personnellement assisté à deux de ces réunions et vous pouviez conduire des discussions avancées de la façon qui vous convenait ».

Bien que les négociations conduites avec d’autres acteurs du Web tels que Google, AOL ou News Corp. n’aient semble-t-il mené à rien, Yahoo refuse pour l’instant de céder aux sirènes de Microsoft. Le groupe publiera ses résultats financiers pour le premier trimestre 2008 le 22 avril prochain, soit quatre jours avant que l’ultimatum de Microsoft n’expire, ce qui précipitera peut-être la fin des négociations.

Microsoft vs Yahoo ; episode 2

Faute de réponse satisfaisante à sa proposition sous trois semaines, Microsoft affirme qu’il lancera une offre publique d’achat hostile sur le portail américain Yahoo. L’ultimatum est fixé au 26 avril prochain, date à laquelle le conseil d’administration de Yahoo devra avoir pris une décision concernant la proposition de rachat formulée par le numéro un mondial des éditeurs fin janvier. Fixée à 31 dollars par action, cette offre valorisait le portail américain à hauteur de 44,6 milliards de dollars, soit une prime de 62% par action, lorsqu’elle a été formulée. A la clôture des marchés vendredi, elle représentait encore une transaction de plus de 41 milliards de dollars.

« Si nous n’avons pas conclu un accord d’ici trois semaines, nous serons obligés de prendre contact directement avec vos actionnaires, voire d’engager avec eux l’ouverture d’une procédure pour faire élire un autre conseil d’administration », écrit aux dirigeants de Yahoo Steve Ballmer, PDG de Microsoft, dans une lettre datée du 5 avril, avant de rappeler que, pendant les deux mois qui ont suivi l’offre de l’éditeur de Redmond, les parts de marché de Yahoo se sont effritées, dans un contexte économique de plus en plus morose.

Début février, le conseil d’administration de Yahoo avait choisi de refuser l’offre formulée par Microsoft, au motif que celle-ci ne valorisait pas suffisamment « sa marque, son importante audience au niveau mondial, ses significatifs investissements dans les plateformes publicitaires et ses perspectives de croissance ». Microsoft maintient pour sa part que sa proposition est « généreuse » et qu’il n’y a pas lieu de la relever, d’autant que les discussions engagées par Yahoo avec d’autres acteurs de l’Internet comme AOL, News Corp. ou Google ne semblent pas avoir abouti.

Las de cet attentisme, Microsoft menace donc d’ouvrir les hostilités à partir du 26 avril prochain, en passant outre l’avis des dirigeants de Yahoo. Cette décision impliquerait une probable dissolution du conseil d’administration actuel de Yahoo, qui ne faciliterait pas la fusion et la création de synergies entre les équipes des deux groupes. Yahoo n’a pour l’instant pas commenté cette annonce.

Iphone: vers de nouvelles fonctionalités?

Beaucoup de rumeurs circulent actuellement à propos de la conférence que donnera Apple le 06 mars prochain.
En effet un kit de développement de logiciels tiers est annoncé. Ce qui permettra enfin aux nombreux développeurs extérieur de concevoir “officiellement” des programmes pour l’iphone.
Jusqu’ici, la pauvreté de l’iphone en applications pratiques a freiné ses ventes, bien qu’il ai été plébiscité par de nombreux cadres d’entreprises , qui ont préféré les concurrents HTC ou Blackberry pour leur coté pratique. D’au autre coté, la politique d’Apple vis à vis des opérateurs télécoms est un autre frein à l’achat. En effet, des études ont démontrés que près du quart des iphones vendus dans le monde sont “désimockés” illégalement, pour permettre son utilisation sur des réseaux tiers. Or un grand nombre de cadres, moins technophiles, redoutent les manipulations de “désimlockage” de l’iphone. ce qui fait perdre à Apple d’autres clients potentiels.
Les analystes sont unanimes sur le fait que cette décision d’Apple, si elle est prise le 6 mars, favorisera le développement d’innombrables programmes créatifs, qui auront pour conséquence de rendre l’iphone plus pratique pour une utilisation professionnelle.
Ils prévoient déjà plus de 10 millions de ventes d’ici la fin de l’année 2008. Belles perspectives donc pour Apple dont le volume d’actions échangées sur le marché boursier est le plus élevé ces derniers temps.

Suivre

Get every new post delivered to your Inbox.